Quelle femme ?

Publié le par L'Arbre d'Ixchel

Il y a bien sûr la question autour de la femme que j'aimerais devenir, mais actuellement cette pensée est suffocante, tellement cet idéal là me semble à mille lieux de ma réalité.

Et puis, étant en phase "d'acceptation" de ce que je suis, j'essaie de me poser avec un regard lucide mais plus doux à mon égard.

Ok, ok, je ne suis pas la militante le poing levé comme je le rêvais adolescente; je ne suis pas non plus loin dans le ciel, indestructible, imperturbable comme parfois je voudrais bien l'être. 

Mais tout ceci étant dit, je sais à peu près qui je suis...

 

Je suis une femme girly, pas une femme-enfant qui aurait besoin d'être protégée, non merci, je suis grande et je sais sortir mes crocs ! Je me vois plutôt girly avec le peps, le côté un peu kitsh, le "tout comme tout le monde" mais avec la touche déjantée en prime.

 

Je suis une femme libre, je ne supporte pas la bride, même très longue. Je ne me reconnais plus du tout dans les codes communs, les choix "féminins". Cette liberté là m'éloigne très certainement d'une vie sentimentale conventionnelle, mais ce prix là, au jour d'aujourd'hui, je suis toute disposée à le payer ! Par mon refus de convention, je me sens enfin l'égale des hommes, c'est si bon....Ne pas avoir à faire l'infirmière, ne pas devoir faire des concessions sur des choses trop importantes pour moi mais qui ne se conjuguent pas avec une vie "de couple", ne sentir comme autorité que la mienne sur moi-même, quel bonheur ! Et pourtant, même du temps où j'étais mariée-et-heureuse (y'a longtemps hein), bah, je dois reconnaître que cet homme là ne cherchait pas à me soumettre, il m'appelait "mustang" ou encore "eye of tiger", il m'acceptait comme ça, il avait été mis au parfum très vite quand, préparant notre mariage, je lui avais sorti "les voeux, les voeux, ok, mais sache que je ne ferai jamais voeu d'obéissance", il avait souri, et respecté cela. A croire que, même en se liant à l'opposé d'un macho, bah, la vie de couple se transforme insidieusement en une sorte de cage.

 

Je suis une femme intense, une passionnée, qui aime les défis. Plus souvent je me sens trop émotive, mais la vérité c'est que cette capacité à vivre des émotions fortes, intenses, est plus souvent un atout qu'un problème. Je me sais capable de me réjouir d'un petit rien, capable d'apprécier la simplicité d'une belle rencontre, la beauté d'un spectacle, ressentir le syndrôme de Stendhal devant un tableau de Turner... Cela forge aussi la professionnelle que je suis, qui fait de son mieux pour faire du good job, qui a la chance de faire le métier qu'elle aime.

 

Je suis une femme inscrite dans plusieurs lignées de femmes. Je me sens forte de cela, au-delà du patrimoine génétique qui n'est qu'anecdotique, je parle surtout de 3 lignées précises. La première, la fierté d'être la 3 ème dans le quatuor familial. 1ère génération, ma Tantine, née en 1914; puis ma Mum, née en 46, puis moi-même en 80, et enfin ma fée en 2007... Hier, nous étions 3 générations réunies dans la même pièce, une pièce bien froide où ma fille était absente. J'ai eu le sentiment que cette histoire de femmes, à travers les générations qui me précèdent plus celle qui me succède, que cette histoire faisait de mes pieds quelque chose de bien plus solide que l'argile. 4 générations de femmes qui, chacune à sa façon, sait à sa façon, bouleverser les codes.  La 2ème lignée ce sont les femmes de mon entourage, mes proches. Ce besoin que j'ai de vivre en meute, parmi mes semblables, cette connivence, ces secrets échangés, ces expériences partagées, cette lignée là compte beaucoup pour moi, m'aide à me construire. La 3ème lignée, c'est tout simplement mes modèles féminins, ces femmes dont j'étudie l'histoire, les trajectoires, les textes, les traces de leurs luttes. Alors souvent, elles me filent de sacrés complexes, mais je leur suis reconnaissante d'avoir tracés les sillons, ceux qui me permettent de ne pas me sentir en décalage avec ce monde là, puisque c'est elles qui ont oeuvré pour le changer.

 

Je suis une femme qui aime le temps. Je parle bien sûr du temps qui passe et pas du temps qu'il fait. Je priorise le temps et l'humain face au reste. Je savoure le temps passé à vivre de belles expériences, à cotoyer des gens, à poser quelques vers. J'apprécie ce temps qui passe, qui me crée des souvenirs précieux, même si d'autres le sont moins. Je profite de ce temps pour vivre à fond, pour sortir, pour bonifer chaque journée, sans chercher à attendre des jours meilleurs, puisque mes temps heureux...c'est maintenant !

 

Et je suis une mère. Mais, bien que ce volet là de mon identité de femme soit vraiment épanouissant, c'est sciemment que je le mets en dernier. Car justement, je ne suis pas que ça ! Ma maternité est plus une parentalité en fait. Au quotidien, c'est sportif, mais c'est un trésor que je suis heureuse de découvrir. Je tâtonne, j'improvise, je me plante aussi pas mal. Mais, je suis là, présente et aimante auprès de troll et trollette, j'essaie de les accompagner du mieux possible pour qu'ils se construisent de belles plumes, qu'ils s'acceptent tels qu'ils sont, qu'ils trouvent leur place dans cette société...Pour que, le jour de l'envol, ils y aillent avec détermination, forts de leur histoire, de leur identité, et de l'amour que je leur porte.

 

Maintenant, je suis une femme un peu fatiguée, qui s'en va profiter de son dimanche !

bisous

Publié dans un peu de moi

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AngyScarlett 21/01/2016 21:52

je te conseille de lire femme qui courent avec les loups de Pinkola Estes , tu t'y retrouveras!